L’homme est un animal social, cela ne fait plus aucun doute depuis Aristote. La grande majorité d’entre nous éprouve ainsi le besoin d’avoir des relations sociales.
C’est dans la collaboration que nous construisons de grandes choses et que nous avançons.
Ceci induit différents comportements et, en particulier, celui de créer des groupes basés sur des particularités communes. Cela peut être des centres d’intérêts, des opinions politiques, philosophiques ou religieuses, des aptitudes.
Jusqu’ici, rien de bien intéressant. Ce constat n’est ni inquiétant, ni rassurant, c’est simplement ainsi que vit l’humain.

Mais de la nécessité de s'identifier à un groupe découle souvent la malheureuse habitude de poser des qualificatifs sur autrui, pour déterminer justement où chacun peut être positionné.

Du ridicule de l'étiquetage

Pour en faire la démonstration, prenons un exemple : MOI.

Pourquoi justement moi ?
Parce que je suis égocentrique et que j’aime bien parler de moi. Mais je ne suis pas seulement égocentrique, je suis aussi démagogue et peu sympathique.

En effet, c'est de ces trois défauts que m'ont décrit l'année dernière deux de mes interlocuteurs de l'Education Nationale. Il semblerait donc que je sois un habile croisement entre Karl Lagerfeld, Vincent Peillon et Dark Vador.

Cela leur a permis de me positionner d'emblée dans le groupe des parents détestables à surveiller de près.
Je pourrais faire désormais profil bas et me dire que j'ai intérêt à me taire plutôt que confirmer par mes dires ces aspects peu séduisants de ma personnalité, mais il se trouve que j'ai au contraire décidé d'assumer ces trois défauts majeurs, les faire même éclater au grand jour et m'en servir aujourd'hui. Et tant que j'y suis, je vais en utiliser un autre que j'aime bien : un goût certain pour l'ironie.

Maintenant que ceci est acquis, je propose donc ce qui sera perçu par certains comme un grand moment de pure démagogie et par d'autres, je l'espère, comme ce que cela doit être : de simples réflexions et observations personnelles sur des comportements qui me semblent dangereux et irrespectueux non seulement de nos enfants, mais également de nous, parents.

Oui, je suis égocentrique dans l’image que se font de moi certains de mes interlocuteurs.
Je suis égocentrique car je défends des positions différentes des leurs et qu’ils en concluent que je ne pense qu’à moi.

En fait, je ne suis pas intrinsèquement égocentrique, c'est simplement la perception qu'ont certaines personnes.

Du coup, ceci m'a donné l'idée d'un petit exercice simple auquel je vous invite également : prenez une feuille de papier et écrivez les caractéristiques (défauts, qualités, aptitudes, incompétences, etc.) dont autrui a pu vous affubler depuis votre plus tendre enfance. Enfin, essayez de faire des recoupements ; l'exercice est instructif et devrait vous permettre de plus de relativiser beaucoup de choses.

Le résultat à mon sujet donne ceci :

  • je suis un créatif, et cependant je manque d’imagination.
  • je suis un émotionnel, mais je n’ai aucune sensibilité.
  • je ne suis absolument pas manuel, je ne sais rien faire de mes dix doigts, mais je suis un très bon flûtiste, ambidextre qui plus est.
  • je manque de modestie, mais je manque également cruellement de confiance en moi.
  • je suis dyscalculique (ça, c'est ce que je déduis moi-même d'une démonstration que je vous ferai en fin de cet article), mais j'ai un diplôme d'ingénieur.
  • enfin, j’écris bien, mais je n'ai absolument aucun sens littéraire.

Eloquent, non ?

Que faire alors ?
Se dispenser de simplement nommer des comportements évidents, des qualités, des défauts ?

Non, bien sûr. Nous les premiers, nous mettons quotidiennement des noms sur les aptitudes et les comportements d’autrui. De même que toute personne, lorsqu'elle rencontre quelqu'un qu'elle n'a jamais vu, s'en fait néanmoins une opinion première.

Ceci est naturel. Mais comme toute caractéristique dépend d'un contexte, d'une époque de la vie, éventuellement de la vitesse du vent à la pointe du Raz, la bonne démarche consiste surtout à enfouir ses observations d'autrui au plus profond de soi et vivre notre relation à l'autre en privilégiant d'abord un mot que je n'entends que trop rarement à mon goût : l'empathie.

Une observation raisonnée du comportement de nos enfants

Nous nous sommes procuré l’ouvrage « Les 7 profils d’apprentissage, pour former et enseigner » de Jean-Philippe Michel. Ne nous méprenons pas, mon objectif n’est pas ici de faire la promotion de ce livre. Il nous a certes aidés dans notre démarche d’instruction raisonnée de Cosme et Aliénor mais, comme tous les ouvrages que nous consultons, il n’est pas question pour nous d’en faire une référence que nous suivrions ensuite aveuglément. Chaque document reçoit l’attention nécessaire ; puis nous agissons en âme et conscience, jamais en suivant des dogmes.

Pourquoi alors attirer l’attention sur celui-ci ?

Simplement parce qu’il met des mots sur des choses évidentes, et qu'il devrait pour cette seule raison être utilisé par toutes les personnes amenées à suivre des enfants dans leur construction personnelle.

 

L’auteur définit 7 profils d’apprentissage, c’est-à-dire 7 comportements que les humains adoptent selon lui dans leur façon d’apprendre :

  • L'intellectuel
  • Le dynamique 
  • L'aimable 
  • L'enthousiaste
  • L'émotionnel
  • Le rebelle 
  • Le perfectionniste

C’est un cas typique de catégorisation, mais il est à remarquer que la démarche est de proposer une classification positive. Rien n’est de nature à inquiéter sérieusement un parent qui découvre que son enfant est plutôt intellectuel ou perfectionniste. Et même le côté rebelle, s’il peut être particulièrement fatigant pour l’entourage, reste gérable et permet néanmoins à chacun de se construire.

Dans notre famille, nous aurions alors tôt fait de cataloguer Delphine dans les perfectionnistes, Eric dans les émotionnels, Aliénor dans les dynamiques et Cosme dans les aimables.

Bien évidemment, ce qui est intéressant ici n’est pas l’étiquette, mais bien la prise de conscience que derrière les caractéristiques de chacun se cachent des besoins différents en termes d’apprentissage.

Cosme a certes une dominante « aimable » mais il assume assez bien son côté « rebelle » en ce moment, tout en n’oubliant pas « l’émotionnel », « l’intellectuel » et les 3 derniers profils. Cosme est en fait une habile combinaison de tous ces profils, il ne répond à aucune étiquette généraliste.

Cosme est comme tout le monde : il est unique.

Et s’il est permis de poser quelques étiquettes pour comprendre et avancer, il est indispensable de prendre aussi tout le recul nécessaire. Appliquer aveuglément une recette toute faite sur un enfant sous le prétexte qu’il est dans tel profil est à l’évidence une démarche vouée à l’échec.

De fait, notre gestion de nos relations avec Cosme n’est pas du tout la même que celle de nos relations avec Aliénor. Ce livre nous aide certes à comprendre comment ils fonctionnent, mais notre démarche repose avant tout sur l'empathie que nous avons avec eux.

La classification de l'individu à la mode technocratique

Pour m'enfoncer un peu plus dans la démagogie, venons-en à l’utilisation faite de cette catégorisation de l’individu depuis plusieurs décennies, en particulier dans le domaine qui nous intéresse ici : l’instruction des enfants.

Je suis né dans les années 60’s. J’étais donc à l’école dans les années 70’s, juste au moment où l’on mettait en œuvre les nouvelles méthodes issues des récentes révolutions.

Mon discours n’est certainement pas qu’il faudrait revenir 60 ans en arrière.
Non, je ne pense pas par principe que c’était mieux avant. Le changement est en général une bonne chose, ne serait-ce que parce qu'il évite de se reposer sur une routine non constructive.
Non, je ne suis pas pour que l’on en revienne par exemple aux coups de règle sur les doigts d'un enfant qui a oublié une retenue dans une addition. Il y avait aussi des méthodes très discutables avant les années 60’s.

Mais il est permis d’être cependant lucide sur les reculs subis durant ces dernières décennies.

Ainsi, qu’entendait-on dans les écoles dans les années 70’s ?

Je vais raviver des souvenirs à beaucoup d’entre vous, j’en suis certain, si je dis que nos livrets scolaires revêtaient souvent l’allure d’une liste de qualificatifs relevant plus de la classification que d’un réel souci d’adapter les méthodes aux aspirations de chacun.

Ainsi, nous pouvions entendre qu’untel était plutôt un littéraire mais avait des difficultés en mathématiques, que Dupond n’était pas sportif, que Durand avait des facilités pour les langues mais n’était pas capable de tenir correctement un marteau en travaux manuels, etc., etc.

Nos carnets de notes, en accordant la même attention aux compétences et aux incompétences supposées, nous disaient ce vers quoi nous pouvions aller et les domaines qu’il valait mieux éviter.
L’intention pouvait paraître louable mais le problème était que si l’un des bambins en question émettait simplement l’idée de ne pas suivre le chemin dicté par le livret scolaire, il était vite remis d’autorité sur la route qu’on lui avait tracée.

A cela vous pouvez répondre que j’extrapole et que je généralise une expérience personnelle, mais je constate aujourd’hui auprès de ma génération que c’est un sentiment partagé par grand nombre de mes connaissances.
De plus, lorsque l’année dernière j’explique à un inspecteur de l’Education Nationale qu’aujourd’hui, bien qu’exerçant un métier qui m’intéresse, je ne fais absolument pas ce que j’aurais voulu faire, mon interlocuteur, un peu trop spontanément, me lance : « mais qu’est-ce que vous croyez, monsieur, comme tout le monde !!! ».

L’Education Nationale trouve donc naturel que les enfants n'aillent pas vers le métier qu’ils se seraient choisis. Magique, non ?

Mais ça, c'était les années 70's. Des années de décadence où les Pink Floyd chantaient qu'ils « n'avaient pas besoin d'éducation ni de contrôle de leurs pensées » et où des pédagogues osaient dire que nos enfants méritent qu'on s'intéresse à eux et qu'on les considère comme de vraies personnes.

Heureusement, cette époque sombre est terminée, tout est désormais revenu dans l'ordre.

La classification médicalement assistée au secours de l'échec des méthodes

Permettez maintenant que j'arrête d'ironiser et d'utiliser le second degré car il y a plus grave et beaucoup moins sujet à plaisanteries.

Depuis que nous avons décidé de ne pas inscrire nos enfants dans une école dite « classique », nous sommes régulièrement sollicités par des collègues de travail ou des connaissances qui cherchent à comprendre ce qu’on fait, pourquoi on le fait et comment on le fait.
Lors de ces conversations, ces personnes en arrivent assez logiquement à parler de leurs propres expériences de « parents scolarisants ». Et une chose attire particulièrement mon attention, c’est le nombre d’enfants scolarisés qui sont diagnostiqués hyperactifs, dyslexiques, dyscalculiques, dysorthographiques, etc., etc.

Revenons 40 ans en arrière : je n’ai pas mémoire, et je me le suis fait confirmer par mes parents, d’avoir jamais entendu parler dans ma classe d’un petit camarade hyperactif, dyslexique ou autre. Tout n’était pas rose et j’ai le souvenir d’enfants intenables avec lesquels les professeurs avaient beaucoup de difficultés, j’ai également le souvenir d’enfants éprouvant des difficultés dans leurs apprentissages de la lecture et de l'écriture… mais j’ai surtout le souvenir que ces enfants constituaient une infime minorité des enfants scolarisés.

L’explication qui vient en premier lieu est que la psychologie a fait d’énormes avancées depuis 40 ans. Je ne doute sincèrement pas de cela. Je suis donc allé consulter les statistiques pour comprendre un peu où nous en étions sur ces sujets.

Première chose : ces troubles sont difficiles à vivre. Ces enfants et leurs parents sont en souffrance. Ils ont bien entendu besoin d’une aide adaptée et d’une attention de tous les instants. Je ne remets pas en cause l'existence de ces troubles, là n'est pas du tout mon propos.

Seconde chose, et je pense que personne n’en sera surpris : ces troubles atteignent heureusement une minorité d’enfants. Statistiquement, la grande majorité des enfants peut apprendre à lire, écrire et compter sans difficulté particulière, du moment que les méthodes d’apprentissage sont adaptées à leurs besoins et leur façon d'appréhender les apprentissages.

Si j'en crois mes sources, la dyslexie atteindrait 10% des enfants. Cela me semble énorme mais je vais l'admettre néanmoins ; je n'ai pas de compétence en la matière, je n'ai que des doutes.
L’hyperactivité atteindrait 5% des enfants.
Quant à la dyscalculie, on serait à une proportion de 1%.

Deux exemples me viennent à l’esprit :

  • un de mes collègues me dit que l’année dernière, son enfant était diagnostiqué hyperactif et que, cette année, il est diagnostiqué dyslexique. C’est un cas extrême car les enfants de l’immense majorité de mes collègues sont hyperactifs ou dyslexiques, mais pas les deux, merci pour eux. En revanche, ce qui est réellement inquiétant est qu’il semble qu'une grande majorité d'enfants du système scolaire souffre de difficultés amenant les équipes d’encadrement à alerter les parents sur un possible trouble d'ordre psychologique.
  • Une autre de mes collègues me dit que sa fille souffre de dyscalculie. La collègue juste à côté réagit : « la mienne également ».
    Palsambleu ! 1% des enfants est atteint et j’en ai deux à ma table !
    Allons plus loin : mes deux collègues m’expliquent les symptômes qui ont conduit à ce diagnostic et quelle n’est pas ma surprise de constater que la description qui m’est faite correspond exactement aux difficultés que j'éprouvais moi-même en CE2. J’aurais donc été dyscalculique et cela en ferait trois à s’être retrouvés à la même table par hasard. Sachant que ces trois-là représentent à eux seuls 1% de la population totale, c’est réellement une journée marquée du sceau de la malchance !

Mes collègues m’expliquent alors que leurs filles sont « suivies », mais que « ce sera long » et que « pendant ce temps, elles prennent du retard à l’école ». Nous avons donc d’un côté deux enfants qui, en plus de leurs cours et de leurs activités extérieures, vont consulter un psychologue et prennent du retard à l’école. Et, d’un autre côté, nous aurions un dyscalculique non détecté, et donc jamais soigné, qui aurait obtenu malgré cela un diplôme d’ingénieur 20 ans plus tard.

Oser poser les véritables questions

Serait-ce alors que mettre une étiquette sur chaque enfant permet de transférer la responsabilité et la résolution d’un problème d’apprentissage vers les parents ou, plus souvent, vers un médecin ? Ceci dans le but éventuel de faire entrer l’enfant dans un moule plutôt que remettre en cause des méthodes à l’évidence inadaptées ?

Mais je prends des raccourcis et il est certainement permis de me taxer de partialité, voire même de malhonnêteté.

Comparons alors plusieurs modes d'instruction.

Cosme et Aliénor ne sont pas scolarisés de façon classique. Ils sont scolarisés à distance dans un établissement aux programmes radicalement différents de ceux de l’Education Nationale. Il est permis de ne pas croire en ces programmes mais ils ont un avantage : ils ont fait leurs preuves pendant des décennies ; il suffit par exemple de comparer le niveau en orthographe de la génération de nos parents à celui de notre génération pour s’en convaincre. Concernant les programmes actuels de l’Education Nationale, donnons-leur le bénéfice du doute – il faudra attendre quelques décennies pour avoir le recul nécessaire et savoir si, dans d’autres domaines que l’orthographe, la grammaire, le calcul mental, l’histoire, la géographie, mais également la confiance en soi et la capacité à penser par soi-même, ces programmes donnent de meilleurs résultats.
Cosme et Aliénor ont de plus un autre avantage sur leurs petits camarades, ils sont seulement deux « en classe », leurs instituteurs sont leurs parents et ces instituteurs adaptent leurs méthodes en fonction de leur personnalité.

Mais il y a aussi d’autres pédagogies :

  • Nous connaissons personnellement des familles qui pratiquent l’enseignement informel. Chez eux, pas de programme défini à l’avance. Les enfants construisent leur propre programme au fur et à mesure de leur construction personnelle.
  • Nous connaissons également une famille qui pratique le unschooling. Chez eux, c’est encore plus simple : pas de travail du tout, au sens communément admis du terme. En réalité, le travail est bien là puisque les enfants sollicitent leurs parents très fréquemment. La seule chose est que ce ne sont jamais les parents qui mettent leurs enfants au travail.
    Cette démarche ne manque pas de donner des poussées d’urticaire à quelques pédagogues bien-pensants. 

Eh bien, me croirez-vous si je vous dis que tous ces enfants, sans exception, progressent très correctement dans leurs apprentissages, la grande majorité d’entre eux progressant même plus rapidement que les enfants scolarisés ?

Sur la question du rythme de progression plus rapide, l’explication est évidente et je me répète : deux adultes pour quelques enfants, cela permet forcément de donner plus d’attention à chacun et d’avancer de façon plus adaptée.
Mais ce qui me semble extrêmement surprenant, c’est de constater qu’aucun de ces enfants n’éprouve de difficultés bloquantes dans ses apprentissages.

Sauf à ce que mon sens logique soit défaillant - ce qui est possible puisque je rappelle que j’ai appris récemment que j’étais dyscalculique, c’est peut-être lié - cela signifierait qu’aucun de ces enfants ne souffre d’un trouble de nature à le gêner dans ses apprentissages, ou que la seule attention constante de ses parents suffit à pallier à cette difficulté.

Il s’ensuit que ces troubles semblent réservés aux seuls enfants scolarisés. Et du coup, les 10% de dyslexiques expliquent déjà la moitié des enfants arrivant à 16 ans sans savoir lire et écrire correctement. C’est quand même drôlement pratique, ces petites statistiques.

Mais le plus grave à mon sens, dans tout cela, c’est qu’outre le fait de cacher les défaillances évidentes d’un système en faillite, épinglé régulièrement par les journaux mais également par des organismes officiels comme la Cour des Comptes, cette dérive « d’étiquetage » de nos bambins conduit à exclure ceux qui n’entrent pas dans le moule.

Aujourd’hui, si notre enfant n’est pas dans la droite ligne définie par le système scolaire, alors des cases annexes sont néanmoins prévues pour lui. Mais ces cases ne sont pas là pour prendre en considération ses caractéristiques personnelles. Non, ces cases (dyslexique, hyperactif, enfant précoce, échec scolaire…) sont prévues afin d’identifier, et tenter de faire entrer dans le moule, des enfants qui n’arrivent pas à y entrer ou qui n’ont pas été élevés dans cette logique.

Or, Aliénor et Cosme sont élevés par des parents qui considèrent que la réelle qualité de citoyen commence par la capacité à réfléchir par soi-même et non pas suivre des schémas de pensées dictés par d’autres. Aliénor et Cosme apprennent donc à se passer de moule. S'ils veulent s'en remettre à un groupe et en suivre simplement les règles lorsqu'ils seront adultes, ils le pourront, mais ce sera alors un choix de leur part, et non pas le résultat d'une éducation autoritariste n'ayant aucune considération pour leur développement personnel.

Quand je dis cela à une Inspectrice de l’Education Nationale, celle-ci me taxe de démagogie. Soit !
A ceci je répondrai par la connaissance, quitte à passer de plus pour docte, présomptueux et pédant.

La démagogie se définit étymologiquement comme « l'art de conduire le peuple ». Dans son sens premier, la démagogie n'avait pas de connotation péjorative. C'est l'utilisation qui en a été faite ensuite, en trompant le peuple pour mieux le contrôler, en le charmant et lui disant ce qu'il souhaitait entendre, qui a amené ce mot à sa connotation actuelle.

La question est alors de savoir qui est le plus démagogue des deux : celui qui dénonce un système défaillant en se basant sur des témoignages et des analyses construites ? Ou ces technocrates qui tentent encore et toujours de trouver une justification à un modèle auquel de plus en plus de parents ne croient pas ?

Eric, papa des Herbes Folles

8 janvier 2013